Dans un entretien accordé au The New York Times, l'ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a fermement rejeté toute implication dans les mouvements rebelles qui sévissent dans l'est du pays, qualifiant les accusations portées contre lui de « totalement infondées ».
L'ancien chef de l'État, qui s'est confié au prestigieux quotidien américain, a profité de cette interview pour livrer quelques confidences sur sa vie personnelle et son retrait de la scène politique, tout en formulant une critique acerbe à l'égard des institutions actuelles.
Une mise au point ferme sur les accusations de soutien à la rébellion
« Tenter d'associer la rébellion à Joseph Kabila relève tout simplement de la stupidité », a-t-il déclaré, parlant de lui-même à la troisième personne. Une mise au point qui intervient dans un contexte où plusieurs voix, notamment au sein de la majorité présidentielle, l'ont régulièrement accusé de soutenir les groupes armés actifs dans l'est du pays.
L'ancien président, qui a quitté le pouvoir en janvier 2019 après dix-huit ans à la tête du pays, a toujours nié ces allégations, qu'il considère comme une tentative de détourner l'attention des véritables défis sécuritaires auxquels la RDC est confrontée.
La légitimité du pouvoir en question
Joseph Kabila en a également profité pour critiquer la légitimité du pouvoir actuel. Il a jugé que le régime du président Félix Tshisekedi, son ancien allié devenu adversaire politique, souffrait d'un « déficit de légitimité ». Une déclaration qui ravive les tensions entre les deux camps, alors que les relations entre l'ancien et l'actuel président sont au point mort depuis plusieurs années.
Ces propos interviennent dans un contexte politique marqué par des discussions autour d'une possible modification de la Constitution, une initiative que l'ancien président a déjà critiquée par le passé, y voyant une manœuvre pour prolonger le mandat du chef de l'État.
« Je suis devenu un homme des cavernes »
Dans un ton plus léger, l'ancien chef de l'État a aussi évoqué son mode de vie discret depuis son retrait de la vie politique active. « J'ai l'impression de vivre dans une grotte depuis longtemps. Je suis devenu un homme des cavernes », a-t-il confié avec un sourire, lors de cette interview réalisée à Goma, où il réside depuis plusieurs années.
Cette confidence sur sa vie personnelle contraste avec l'image d'un homme qui a dominé la vie politique congolaise pendant près de deux décennies. Joseph Kabila, qui a quitté le pouvoir après les élections de 2018, mène depuis une vie relativement discrète, entre voyages et séjours à Goma, sa ville d'adoption.
Des déclarations qui font réagir
Les propos de l'ancien président n'ont pas manqué de susciter des réactions dans la classe politique congolaise. Si ses partisans saluent une « mise au point nécessaire », ses détracteurs y voient une tentative de déstabilisation du pouvoir en place.
Le gouvernement n'a pas encore officiellement réagi à cette interview, mais des sources proches de la présidence indiquent que ces déclarations sont suivies avec attention, dans un contexte de tensions politiques persistantes.
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