Dans un contexte où la qualité des apprentissages demeure l'un des défis majeurs du système éducatif congolais, la République démocratique du Congo s'apprête à franchir une nouvelle étape dans le suivi des performances scolaires. À partir du mois de mai 2026, le ministère de l'Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, avec l'appui du projet PEQIP et le financement du Partenariat mondial pour l'éducation, lancera la deuxième évaluation nationale des acquis scolaires au primaire.
Une évaluation d'envergure nationale
Conduite par la Cellule indépendante d'évaluation des acquis scolaires (CIEAS), cette opération d'envergure vise à produire des données fiables sur le niveau réel des élèves dans les premières années de leur parcours éducatif. Elle concernera les classes de 2e, 4e et 6e années du primaire, avec des tests portant principalement sur la lecture, les mathématiques et les langues.
Une attention particulière sera également accordée aux compétences socio-émotionnelles, de plus en plus reconnues comme essentielles à la réussite scolaire et au développement global de l'enfant.
Un échantillon représentatif de 20 760 élèves
Au total, 20 760 élèves issus de 346 écoles seront évalués dans 24 provinces du pays. Dans chaque école ciblée, un échantillon de vingt élèves par classe sera retenu. Ce dispositif permettra non seulement d'apprécier les acquis des apprenants, mais aussi de dégager les écarts éventuels entre provinces, milieux d'apprentissage et zones linguistiques.
En amont de cette opération, 77 superviseurs nationaux ont été formés pendant huit jours afin d'assurer la rigueur méthodologique et la qualité du processus. Leur rôle sera déterminant dans le déploiement des équipes sur le terrain, la supervision de l'administration des tests et le respect des standards techniques fixés par la CIEAS.
Le calendrier opérationnel
Le calendrier opérationnel prévoit plusieurs étapes clés :
· Recrutement des administrateurs provinciaux : du 7 au 9 mai 2026
· Formation des administrateurs : du 9 au 17 mai 2026
· Administration des tests dans les écoles : du 20 au 25 mai 2026
· Contrôle qualité et saisie des données : du 26 au 29 mai 2026
· Clôture des opérations de terrain : 3 juin 2026
Une portée stratégique pour les politiques éducatives
Au-delà de la dimension technique, cette évaluation revêt une portée stratégique. Elle permettra de comparer les résultats de 2026 aux référentiels établis en 2021, offrant ainsi une lecture plus précise de l'évolution des apprentissages au primaire. Les données recueillies devraient aider les décideurs publics, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de la société civile à mieux orienter les politiques éducatives, les ressources et les interventions pédagogiques.
Dans un pays où les efforts pour élargir l'accès à l'éducation doivent désormais s'accompagner d'une exigence accrue de qualité, cette évaluation apparaît comme un outil de pilotage indispensable. Elle s'inscrit pleinement dans la dynamique de l'Objectif de développement durable 4 (ODD4), qui appelle les États à garantir une éducation inclusive, équitable et de qualité pour tous.
Un rapport national pour éclairer les réformes
Les résultats attendus feront l'objet d'un rapport national. Celui-ci devra fournir une photographie actualisée du niveau des apprentissages au primaire et formuler des pistes d'action pour renforcer l'efficacité du système éducatif congolais. Pour le secteur de l'éducation, l'enjeu est clair : disposer de preuves solides afin que les réformes ne reposent plus seulement sur des intentions, mais sur des données mesurables, comparables et exploitables.
Un plaidoyer pour la pérennisation du dispositif
Mais au-delà de cette opération ponctuelle, la question centrale demeure celle de la durabilité. Pour la CONEPT RDC, l'évaluation nationale des acquis scolaires ne devrait pas dépendre exclusivement des appuis extérieurs ou des cycles de financement des projets. Elle doit progressivement s'imposer comme un mécanisme national pérenne de contrôle qualité du système éducatif, inscrit dans les priorités publiques et soutenu par une ligne budgétaire nationale claire, stable et suffisante.
Ce plaidoyer vise à garantir que la RDC dispose, de manière régulière, autonome et institutionnalisée, d'un dispositif capable de mesurer les apprentissages, d'alerter sur les inégalités, d'éclairer les décisions budgétaires et d'orienter les réformes pédagogiques.
Conclusion
La qualité de l'éducation ne peut être pilotée durablement sans données fiables, ni sans un financement public prévisible. En ce sens, l'appui du PEQIP constitue une étape importante ; son véritable héritage sera de contribuer à l'ancrage d'un système national d'évaluation robuste, financé par l'État, reconnu par les acteurs éducatifs et utilisé comme levier permanent d'amélioration de l'école congolaise.
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