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Rédaction Indépendant

Kinshasa : le gouvernement clôture le segment politique de haut niveau sur le financement de l'éducation et de la formation

Kinshasa, 2 mai 2026 — Le segment politique de haut niveau consacré au financement de l'éducation et de la formation s'est clôturé à Kinshasa sur un appel à renforcer la mobilisation des ressources publiques, privées et extérieures en faveur du capital humain en République démocratique du Congo.

La cérémonie de clôture a été présidée par Son Excellence Monsieur le Vice-Premier ministre, ministre de l'Économie nationale, représentant de Son Excellence Madame la Première ministre, cheffe du gouvernement. Dans son allocution, il a salué la qualité des travaux menés durant trois jours et souligné l'urgence de traduire les engagements politiques en arbitrages budgétaires concrets.

  • Un déficit structurel de financement estimé entre 500 et 900 millions de dollars par an

Selon le gouvernement, les échanges ont permis de confronter l'ambition nationale de transformation du capital humain à la réalité d'un déficit structurel de financement estimé entre 500 et 900 millions de dollars américains par an. Ce déficit illustre, selon les autorités, l'écart encore existant entre la promesse constitutionnelle de la gratuité de l'enseignement et sa mise en œuvre effective dans toutes les salles de classe du pays.

La revue de la Stratégie sectorielle de l'éducation et de la formation (SSEF) 2016-2025 a mis en évidence plusieurs avancées, notamment :

  • · L'élargissement de l'accès à l'enseignement primaire grâce à la gratuité
  • · L'adoption de la Politique nationale de la formation professionnelle 2025-2034
  • · La généralisation du système licence-master-doctorat (LMD)
  • · Les réformes liées à la qualité et au recrutement des enseignants sur la base du mérite

Des fragilités persistantes à surmonter

Toutefois, les travaux ont également relevé des fragilités persistantes. L'achèvement du cycle primaire demeure inégal, la transition vers le secondaire reste marquée par des ruptures importantes, tandis que l'offre de formation professionnelle est encore insuffisamment alignée sur les besoins d'une économie en pleine mutation.

Le gouvernement a replacé ces défis dans un contexte macroéconomique exigeant, marqué par une croissance estimée à 4,6 % (contre 6,9 % projetés initialement), une pression fiscale encore limitée à environ 15 % du produit intérieur brut, ainsi que des recettes domestiques contraintes par la situation sécuritaire. Ces paramètres imposent, selon l'exécutif, une gestion rigoureuse et stratégique de l'allocation des ressources publiques.

Les principaux thèmes abordés

Les panels organisés au cours de ce segment politique ont porté sur plusieurs sujets cruciaux :

  • · La soutenabilité de la gratuité de l'enseignement primaire et son extension progressive au secondaire
  • · La mobilisation conjointe des ressources domestiques et extérieures
  • · Le rôle du secteur privé dans le financement éducatif
  • · Le financement de la recherche et de l'innovation
  • · Les mécanismes innovants tels que les financements basés sur les résultats
  • · La mise en place d'un fonds sectoriel dédié

Reconnaissance aux partenaires et perspectives

Au nom des plus hautes autorités du pays, le Vice-Premier ministre a exprimé la gratitude du gouvernement aux partenaires techniques et financiers pour leur accompagnement constant dans la consolidation des politiques sectorielles. Il a également salué la contribution du secteur privé, de la société civile, des confessions religieuses, des syndicats et des associations de parents, dont les perspectives ont enrichi les discussions.

Les orientations dégagées à l'issue des travaux devront nourrir la Stratégie sectorielle intérimaire de l'éducation et de la formation 2026-2030, appelée à s'appuyer sur la Déclaration de Kinshasa. Cette nouvelle stratégie devra traduire les ambitions nationales en choix politiques, financiers et institutionnels assumés.

L'éducation, levier central pour la souveraineté économique

En clôturant les travaux, le représentant de la Première ministre a rappelé que le financement de l'éducation dépasse la seule ingénierie sectorielle. Il constitue, selon lui, un levier central pour bâtir le capital humain dont la RDC a besoin afin de consolider sa souveraineté économique, diversifier ses chaînes de valeur et renforcer sa place dans la compétition régionale et mondiale.

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