TANGANYIKA : QUAND LA TRANSFORMATION ÉDUCATIVE SE CONSTRUIT À PARTIR DES RÉALITÉS PROVINCIALES
À Kalemie, une délégation mixte réunissant le Secrétariat général de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, la CONEPT RDC et l’UNESCO engage une série de consultations autour d’un enjeu de fond : mieux relier les orientations nationales aux réalités de la gestion éducative dans les provinces. Avant l’atelier prévu du 23 au 25 septembre 2026, les échanges avec le Ministre provincial chargé de l’Éducation et le PROVED doivent ouvrir la voie à une véritable appropriation du Modèle intégré d’intervention par les acteurs du Tanganyika.
Kalemie, 21 septembre 2026. — Une nouvelle étape s’ouvre dans la réflexion sur la gouvernance éducative au Tanganyika. Une délégation mixte est arrivée à Kalemie pour engager les consultations autour de la proposition de Modèle intégré d’intervention pour la transformation du système éducatif au niveau provincial.
Organisée en collaboration avec le Bureau de l’UNESCO en République démocratique du Congo, la mission réunit le Secrétariat général de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, représenté par M. Michel Lumengo, Directeur de la Direction d’Études et Planification (DEP), la Coordination nationale de la CONEPT RDC, ainsi qu’une délégation de l’UNESCO qui accompagne le processus.
Les premiers échanges sont prévus avec le Ministre provincial chargé de l’Éducation et le PROVED. Au-delà du cadrage institutionnel, ces rencontres doivent permettre d’examiner des questions très concrètes : planification, PAO, coordination des acteurs, disponibilité des données, suivi-évaluation et difficultés rencontrées dans le pilotage du système éducatif provincial. L’agenda de la mission prévoit précisément une rencontre avec les autorités provinciales, suivie d’un travail technique avec la Direction provincial de l‘Education Nationale Tanganyika 1(PROVED/Tanganyika 1)
UNE PROPOSITION À CONFRONTER AU TERRAIN
L’intérêt de la démarche tient d’abord à son principe : le Modèle intégré n’est pas présenté comme un dispositif définitivement arrêté qu’il suffirait d’appliquer au Tanganyika.
La province a été retenue pour soumettre cette proposition à une revue structurée, afin d’en apprécier la pertinence, la cohérence et l’opérationnalité, puis d’identifier les adaptations nécessaires avant toute application.
Cette approche répond à une difficulté bien connue des politiques publiques : entre une orientation nationale et sa mise en œuvre dans une province, plusieurs maillons doivent fonctionner ensemble. Il faut planifier, mobiliser les ressources, coordonner les institutions, mettre en œuvre les activités, produire des données, mesurer les résultats et rendre compte.
Lorsque ces fonctions évoluent séparément, les efforts peuvent perdre en cohérence.
Le Modèle intégré cherche précisément à mieux relier ces différentes dimensions dans un même cycle : diagnostic, cadrage stratégique, renforcement des capacités, planification, gouvernance, mise en œuvre, suivi de la performance, évaluation, redevabilité et ajustement.
La question n’est donc pas seulement de mieux planifier, mais de savoir qui fait quoi, avec quelles ressources, à partir de quelles informations et avec quelle obligation de rendre compte des résultats.
L’APPROPRIATION PROVINCIALE AU CŒUR DU PROCESSUS
C’est ce qui donne toute leur importance aux consultations avec les autorités provinciales.
Dans l’architecture proposée, le ministère provincial chargé de l’Éducation est appelé à assurer le portage politique et institutionnel, tandis que la Division provinciale/PROVED joue un rôle central dans le pilotage opérationnel, l’accès aux informations et la mobilisation des services techniques. Le Comité Technique Provincial, la société civile, les partenaires et les structures nationales sont également appelés à contribuer au dispositif.
L’enjeu n’est donc pas de créer une nouvelle couche institutionnelle. Il est plutôt de mieux organiser les interactions entre les mécanismes déjà existants.
Et le Tanganyika ne part pas de zéro. La province a accumulé des expériences en matière de planification, d’élaboration du PAO, de suivi de la performance, de coordination technique et de suivi citoyen. Les documents préparatoires soulignent justement la nécessité de capitaliser ces acquis et de mieux les relier.
Une formation à la planification n’a de portée que si elle améliore les programmes élaborés. Un PAO ne produit des résultats que s’il est financé et exécuté. Le suivi citoyen prend toute sa valeur lorsque les recommandations sont discutées et suivies. Le défi consiste donc à transformer ces initiatives en un cycle cohérent d’action et d’amélioration.
TROIS JOURS POUR EXAMINER, ADAPTER ET DÉCIDER
Les consultations de Kalemie préparent l’Atelier provincial de revue, de contextualisation et de validation, prévu du 23 au 25 septembre 2026.
Il réunira 55 participants représentant notamment les autorités provinciales, l’administration éducative, le Comité Technique Provincial, les services de planification et de suivi, la société civile, les partenaires techniques et financiers, l’UNESCO ainsi que des personnes ressources du niveau national.
Les travaux partiront des acquis du Tanganyika avant d’examiner l’architecture du Modèle, sa gouvernance, la répartition des responsabilités, les données, les mécanismes de financement, le suivi de la performance et la redevabilité.
La troisième journée accordera une place particulière au suivi citoyen du PAO, à son articulation avec le cycle provincial de performance et aux derniers arbitrages avant la validation provinciale.
UNE ÉTAPE PROVINCIALE AVANT L’EXAMEN NATIONAL
La portée de cette validation doit toutefois être bien comprise : valider au niveau provincial ne signifie pas encore appliquer le Modèle.
Après l’atelier, les amendements retenus devront être intégrés dans une version consolidée. Celle-ci sera ensuite préparée pour être soumise au Comité de Concertation Sectoriel (CCS) en vue de son examen et de son approbation au niveau national, avant toute mise en œuvre.
Au-delà de l’atelier, l’expérience du Tanganyika permettra surtout de tester une question essentielle pour l’avenir du système éducatif congolais : comment faire des provinces de véritables espaces de planification, de coordination, de suivi des résultats et d’amélioration continue, tout en maintenant la cohérence avec les orientations nationales ?
Les réponses ne viendront pas en trois jours. Mais si Kalemie permet de mieux identifier ce qui fonctionne, ce qui doit être adapté et ce qui exige encore une décision nationale, le Tanganyika aura déjà apporté une contribution importante à la réflexion sur une gouvernance éducative plus cohérente, plus responsable et mieux ancrée dans les réalités provinciales.
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