Face aux répercussions économiques de la guerre en Iran, le gouvernement de la République démocratique du Congo a engagé des mesures préventives afin d'éviter toute rupture d'approvisionnement en produits pétroliers sur le marché national.
La ministre d'État, ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a présidé ce lundi à Kinshasa une réunion d'urgence avec les responsables des sociétés pétrolières et de logistique. La rencontre s'est tenue en présence du ministre de l'Aménagement du territoire, Jean‑Lucien Bussa.
Cette réunion avait pour objectif d'évaluer les risques liés à la flambée des prix du pétrole sur le marché international et d'anticiper les difficultés d'approvisionnement susceptibles d'affecter le pays.
Le spectre d'une crise pétrolière mondiale
Depuis l'escalade militaire en Iran et les frappes visant plusieurs sites stratégiques à la fin du mois de février 2026, les cours du pétrole connaissent une hausse notable sur le marché mondial. Le Brent, référence internationale, a brièvement dépassé les 119 dollars le baril lundi avant de se stabiliser autour de 106 dollars . Le baril s'échange actuellement autour de 96,62 dollars sur certains marchés, ravivant les inquiétudes quant à une possible augmentation durable des prix à la pompe.
Cette flambée des prix est directement liée aux perturbations majeures dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement près de 20 % du pétrole mondial . La menace d'attaques iraniennes a quasiment paralysé le trafic des pétroliers en provenance d'Arabie saoudite, du Koweït, d'Irak, du Qatar, de Bahreïn, des Émirats arabes unis et d'Iran lui-même . Des pays comme l'Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis ont déjà réduit leur production pétrolière, leurs capacités de stockage étant saturées .
Les acteurs du secteur congolais en concertation
À l'issue de la rencontre à Kinshasa, le président du conseil d'administration de SEP Congo, Alain Ilunga, ainsi que le directeur général de SONAHYDROC, Augustin Nkuba Kasanji, ont souligné l'importance de cette concertation pour maintenir la stabilité du secteur pétrolier durant cette période marquée par des tensions géopolitiques.
Plusieurs pistes de solutions ont été envisagées pour sécuriser l'approvisionnement du pays. Parmi celles-ci figurent la compensation rapide du manque à gagner pour les sociétés pétrolières commerciales, la réduction du prix moyen frontière ainsi que l'exploration des possibilités de mise en place d'une raffinerie locale afin de renforcer la production nationale.
Un stock stratégique rassurant
Toutefois, les autorités congolaises se veulent rassurantes. Selon les responsables du secteur, la République démocratique du Congo dispose encore d'un stock stratégique de carburant estimé à environ deux mois. Ce délai devrait permettre au gouvernement de mettre en œuvre de nouvelles mesures afin d'assurer la continuité de l'approvisionnement jusqu'à la stabilisation de la situation internationale.
Les experts internationaux restent divisés sur la durée de la crise. Si certains analystes de Macquarie Research estiment qu'une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz pourrait pousser les prix à 150 dollars le baril, d'autres, comme Oxford Economics, prévoient un retour à une moyenne de 80 dollars pour le trimestre, tout en reconnaissant que le "risque d'une crise prolongée a clairement augmenté" .
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