Éducation inclusive : à Kinshasa, la sensibilisation gagne les communautés pour que chaque enfant ait sa place à l’école
De Cité Verte à Selembao, en passant par Bumbu et Ngiri-Ngiri, les Journées communautaires ont rapproché le message de l’inclusion des familles et des réalités du terrain.
À Cité Verte, Selembao, Bumbu et Ngiri-Ngiri, le même message a résonné : aucun enfant ne devrait être privé d’école en raison de son handicap ou de difficultés liées à son développement. À travers des descentes de terrain, des échanges et des actions de sensibilisation, les Journées communautaires pour l’éducation inclusive ont placé les droits des enfants au cœur des discussions.
Organisées par la Coalition Nationale de l’Éducation Pour Tous (CONEPT RDC) avec l’appui technique de Humanité & Inclusion (Handicap International), ces journées s’inscrivaient dans le cadre du projet « Ensemble pour le Développement Harmonieux de nos Enfants ». Celui-ci vise notamment à contribuer au développement des enfants de 0 à 12 ans, particulièrement ceux présentant une déficience ou un risque de retard de développement.
Du discours à la proximité
Sur le terrain, les sensibilisateurs et les différents acteurs mobilisés ont investi plusieurs espaces communautaires, notamment le Collège Sainte-Rita à Cité Verte et l’EP1 Boyokani à Selembao. Des descentes ont également été réalisées à Bumbu et Ngiri-Ngiri, permettant d’élargir la sensibilisation auprès des communautés.
L’objectif était de rapprocher le débat sur l’éducation inclusive des familles et de faire comprendre que la scolarisation des enfants handicapés ne relève pas uniquement de la responsabilité de l’école.
Parents, jeunes, femmes, leaders communautaires, organisations de personnes handicapées, enseignants, comités de parents et autres acteurs de proximité ont ainsi été considérés comme des maillons essentiels de cette mobilisation.
Quand les préjugés deviennent des barrières
Au-delà des difficultés matérielles, les enfants handicapés font encore face à des obstacles moins visibles : préjugés, peur des moqueries, honte, discrimination ou encore manque d’information.
Dans certaines familles, le handicap reste mal compris et peut conduire à l’hésitation, voire au renoncement à la scolarisation. Pourtant, l’éducation inclusive repose sur un principe simple : chaque enfant a le droit d’apprendre, de participer et de trouver sa place dans la communauté scolaire.
Les sensibilisateurs ont donc mis l’accent sur la nécessité de changer les perceptions et de déconstruire les stéréotypes qui entourent encore le handicap.
Changer le regard, avant de changer les pratiques
L’un des messages forts de ces journées aura été de rappeler que l’enfant handicapé ne doit pas être réduit à son handicap.
L’approche retenue par la CONEPT RDC insiste sur la dignité, les droits, les capacités et les talents de chaque enfant. Les enfants handicapés doivent être considérés comme des élèves à part entière, et non comme des objets de compassion.
Cette philosophie a également encadré les témoignages et les échanges communautaires, organisés dans le respect de la protection, du consentement et de la confidentialité.
Une mobilisation qui appelle à l’action
Les Journées communautaires avaient également pour ambition de dépasser la simple sensibilisation. Elles visaient à encourager les familles à inscrire leurs enfants, à favoriser leur maintien à l’école et à mobiliser les responsables locaux autour d’engagements concrets.
Les autorités locales, les leaders communautaires et les responsables scolaires ont ainsi été appelés à contribuer à la création d’un environnement plus accueillant et protecteur pour les enfants handicapés.
La démarche prévoit également la collecte des préoccupations, recommandations et engagements exprimés par les communautés afin d’alimenter le suivi du projet.
L’inclusion, une affaire de toute la communauté
Des salles de classe aux quartiers, le message porté lors de ces journées est finalement celui d’une responsabilité collective.
L’école ne peut pas, à elle seule, construire l’inclusion. La famille doit accompagner, la communauté doit protéger, les enseignants doivent accueillir, les autorités doivent soutenir et les acteurs de proximité doivent continuer à sensibiliser.
Les différentes descentes réalisées à Cité Verte, Selembao, Bumbu et Ngiri-Ngiri auront ainsi permis de placer les réalités communautaires au centre de la réflexion sur l’éducation inclusive.
Les Journées communautaires ont pris fin, mais le combat pour l’inclusion, lui, se poursuit. Car une école véritablement inclusive ne se mesure pas seulement au nombre d’enfants qu’elle accueille, mais à sa capacité à ne laisser personne derrière.
À Cité Verte comme à Selembao, à Bumbu comme à Ngiri-Ngiri, le message reste le même : chaque enfant a des droits, des capacités et surtout, une place à l’école.
Fleurisse KATAMBA BOOTO KASHINI
☎️+243832393795
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