La prise de position de l'ancien président Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), structure politico-militaire englobant le M23, continue de susciter une vague d'indignation et de désapprobation au sein de la classe politique et de la société civile. Dans une tribune engagée intitulée « Un carton rouge pour Joseph Kabila ! Dix-huit raisons de dire non à la rébellion d’un ancien chef de l’État », Albert Fabrice Puela, condamne sans réserve le choix de la lutte armée.
Dix-huit griefs contre la trahison des valeurs républicaines
Pour l'autorité morale du parti Congo Nova, le statut d'ancien chef d'État ayant dirigé la République démocratique du Congo de 2001 à 2019 imposait à Joseph Kabila un devoir d'exemplarité, de réserve et de préservation de la cohésion nationale.
Dans son argumentaire structuré autour de 18 points, Me Albert Fabrice Puela reproche notamment à l'ex-président :
Le reniement de sa responsabilité historique : Préférer la force des armes au débat politique républicain.
La confusion des intérêts : Subordonner l'avenir de la nation et la souveraineté territoriale à des rivalités d'acteurs ou à des ambitions personnelles.
La violation du pacte démocratique : Tenter de reconquérir ou de contester le pouvoir par des voies insurrectionnelles plutôt que par les urnes ou les canaux judiciaires.
L'alliance avec le M23 : une atteinte insupportable à la souveraineté
Au cœur du réquisitoire dressé par le juriste figure le partenariat officiel scellé avec la rébellion du M23 au sein du FRN. Me Albert Fabrice Puela souligne que diriger une telle coalition engage la responsabilité politique de l'ancien président face aux souffrances intolérables infligées aux populations civiles de l'Est : déplaçements massifs de familles, fermetures d'écoles, destructions d'infrastructures sanitaires et déstabilisation du tissu socio-économique.
« La République démocratique du Congo n’appartient ni à Joseph Kabila ni à Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, mais à l’ensemble des Congolais », rappelle l'ancien ministre, martelant qu'aucune défaillance ou contestation du pouvoir en place ne saurait justifier le recours aux armes contre la patrie.
Privilégier la justice et la paix pour sauver la Nation
Tout en appelant Joseph Kabila à rompre immédiatement avec la dynamique rebelle et à inscrire ses griefs dans le cadre strict des garanties légales et du droit républicain, Me Albert Fabrice Puela met en garde contre tout amalgames ou représailles aveugles contre les proches et sympathisants de l'ancien régime. Il plaide pour une justice indépendante capable d'établir les responsabilités individuelles dans le respect des droits de la défense.
« Le Congo vaut davantage que toute ambition personnelle », conclut l'ancien ministre des Droits humains, lançant un appel vibrant au rassemblement des forces vives de la nation autour de la paix, de la dignité humaine et de l'intégrité de la République.
Hugor MBELANI
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