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Rédaction Indépendant

Modèle intégré doit devenir un outil vivant de transformation du système éducatif

« Le Modèle intégré doit devenir un outil vivant de transformation du système éducatif »

Saip Sy, Chef de Secteur à l’UNESCO, revient sur les acquis de la mission conjointe Ministère de l’Éducation nationale – CONEPT RDC – UNESCO et sur les prochaines étapes du Modèle intégré d’intervention.

Kalemie — 29 septembre 2026 À l’issue de la clôture de la mission conjointe du Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, de la CONEPT RDC et de l’UNESCO, organisée avec le financement de l’UNESCO, Saip Sy, Chef de Secteur à l’UNESCO, a accordé cette interview pour revenir sur les principaux acquis de cette importante étape du processus de transformation du système éducatif en République démocratique du Congo.

La mission, organisée à Kalemie dans la province du Tanganyika, était consacrée à la consultation et à la contextualisation de la proposition du Modèle intégré d’intervention pour la transformation du système éducatif en République démocratique du Congo. Elle a permis aux différentes parties prenantes de confronter la proposition du Modèle aux réalités provinciales, d’en examiner les différentes composantes, d’identifier les adaptations nécessaires et de dégager les conditions indispensables à son opérationnalisation.

Cette démarche intervient dans un contexte stratégique marqué par la mise en place de la Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation (SSIEF 2026-2030). Le Modèle intégré est appelé à contribuer à son opérationnalisation au niveau provincial, notamment en renforçant l’articulation entre planification, financement, mise en œuvre, suivi de la performance et redevabilité.

Dans cet entretien, Saip Sy revient sur les enseignements tirés de l’étape de Kalemie, la place particulière du Tanganyika dans cette démarche de contextualisation, les contributions du Ministère de l’Éducation nationale, de la DEP et de la CONEPT RDC, ainsi que sur les prochaines étapes devant conduire à la consolidation, à l’examen national et, à terme, à la mise en œuvre du Modèle intégré.

Question 1 — Monsieur Saip Sy, quatre jours de travaux viennent de s’achever à Kalemie. Quel bilan l’UNESCO tire-t-elle de cet atelier ?

Saip Sy :

Au terme de ces quatre journées de travaux, l’UNESCO exprime une profonde satisfaction quant à la qualité des échanges, à la richesse des contributions et surtout à l’engagement dont les différentes parties prenantes ont fait preuve.

L’atelier de Kalemie constitue une étape importante dans la construction d’un Modèle intégré d’intervention pour la transformation du système éducatif au niveau provincial. Les travaux ont permis de confronter la proposition aux réalités du Tanganyika, d’en examiner les différentes composantes, d’identifier les adaptations nécessaires et de dégager les conditions indispensables à son opérationnalisation.

Question 2 — Pourquoi ce Modèle intégré est-il particulièrement important dans le contexte actuel du secteur de l’éducation en RDC ?

Saip Sy :

Cette démarche intervient à un moment particulièrement important pour notre système éducatif. L’année 2026 ouvre une nouvelle étape avec la mise en place de la Stratégie sectorielle intérimaire de l’éducation et de la formation, la SSIEF 2026-2030.

Cette nouvelle stratégie doit permettre de consolider les acquis, de renforcer la planification, l’alignement des ressources ainsi que le suivi des engagements du secteur.

C’est dans ce contexte que le Modèle intégré prend tout son sens : il doit contribuer à l’opérationnalisation de cette stratégie au niveau provincial.

Question 3 — Concrètement, quel rôle l’UNESCO souhaite-t-elle voir jouer à ce Modèle au niveau des provinces ?

Saip Sy :

La vision de l’UNESCO est de permettre aux provinces de disposer d’un mécanisme leur permettant de traduire les orientations nationales en priorités provinciales cohérentes, réalistes, budgétisées et suivies.

Le Modèle doit également permettre de mieux articuler la planification, le financement, la mise en œuvre, le suivi des performances et la redevabilité.

L’enjeu essentiel est de faciliter le passage des stratégies aux résultats concrets pour les apprenants et les communautés.

Question 4 — L’atelier de Kalemie marque-t-il la validation définitive du Modèle et le début de son application ?

Saip Sy :

Non. Il reste encore des étapes importantes à franchir.

Nous devons d’abord assurer la consolidation fidèle des amendements et des décisions issus de cet atelier. Ensuite, le processus institutionnel devra se poursuivre jusqu’à la soumission du Modèle au Comité de Concertation Sectoriel, le CCS, pour son examen et son approbation au niveau national.

Ce n’est qu’à l’issue de cette étape que pourra intervenir son application.

Question 5 — Que doivent faire les provinces en attendant l’aboutissement de ce processus national ?

Saip Sy :

Il est essentiel que les provinces puissent progressivement se préparer à intégrer le Modèle dans leurs mécanismes de planification, de programmation, de budgétisation, de suivi de la performance et de redevabilité.

Cette préparation permettra, lorsque le processus institutionnel sera achevé, que l’opérationnalisation du Modèle accompagne efficacement la mise en œuvre de la SSIEF 2026-2030.

Question 6 — Pourquoi avoir choisi le Tanganyika comme première province pour cette démarche de contextualisation ?

Saip Sy :

Le Tanganyika occupe effectivement une place particulière puisqu’il s’agit de la première province retenue pour cette démarche de contextualisation.

Cette position lui donne l’opportunité de produire des enseignements qui pourront être capitalisés et être utiles à l’ensemble des provinces de la République démocratique du Congo.

L’expérience acquise ici devra donc contribuer à nourrir une démarche nationale, tout en veillant à ce que le Modèle reste suffisamment ancré dans les réalités et les capacités institutionnelles propres à chaque province.

Question 7 — Quels acteurs ont joué un rôle déterminant dans la réussite de cette étape de Kalemie ?

Saip Sy :

Plusieurs acteurs ont apporté des contributions importantes.

Je voudrais d’abord remercier Monsieur le Ministre provincial de l’Éducation pour son leadership et son soutien politique à cette démarche.

Je tiens également à exprimer notre reconnaissance à la Direction des Études et Planification, la DEP du Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté. La DEP joue un rôle central et son accompagnement technique a été déterminant pour garantir la cohérence du processus et éclairer les participants sur les mécanismes et les exigences du système éducatif national.

Nos remerciements vont également à la Province Éducationnelle Tanganyika I, aux personnes ressources ainsi qu’à l’ensemble des participants.

Question 8 — Vous insistez particulièrement sur le rôle de la DEP. Pourquoi son implication demeure-t-elle importante pour la suite du processus ?

Saip Sy :

Parce que la poursuite du processus nécessitera cette même implication de la DEP.

Elle devra notamment accompagner la consolidation du Modèle, faciliter son articulation avec la SSIEF 2026-2030 et contribuer à préparer les prochaines étapes de son examen au niveau national.

Son rôle est donc essentiel pour assurer la cohérence entre ce qui est construit au niveau provincial et les orientations du système éducatif national.

Question 9 — Quel regard l’UNESCO porte-t-elle sur le rôle joué par la CONEPT RDC dans ce processus ?

Saip Sy :

La CONEPT a joué un rôle essentiel dans la préparation, la mobilisation des parties prenantes et l’organisation de cet atelier.

Mais son apport va au-delà de la dimension organisationnelle. Nous saluons également son engagement en faveur du suivi citoyen, de la participation, de la transparence et de la redevabilité dans le secteur de l’éducation.

Nous adressons donc à la CONEPT nos sincères félicitations et notre profonde gratitude pour ce travail.

Question 10 — Selon vous, quelle sera la véritable condition de réussite du Modèle intégré et l’UNESCO entend-elle continuer à accompagner le processus après l’étape de Kalemie ?

Saip Sy :

Pour l’UNESCO, la réussite de cette démarche reposera moins sur l’existence d’un document que sur notre capacité collective à en faire un outil vivant de transformation du système éducatif.

Il doit être un outil qui permette de mieux planifier, de mieux financer, de mieux mettre en œuvre, de mieux suivre et surtout de mieux rendre compte des résultats obtenus.

C’est à cette condition que le Modèle pourra réellement contribuer à la transformation du système éducatif au niveau provincial.

Oui. L’UNESCO réaffirme sa disponibilité à poursuivre son accompagnement technique afin que les acquis de Kalemie puissent être consolidés, validés au niveau national et, à terme, effectivement mis en œuvre.

L’enjeu est maintenant de préserver la dynamique créée par cet atelier et de poursuivre le processus jusqu’à ce que le Modèle puisse véritablement servir la transformation du système éducatif.

Fleurisse KATAMBA BOOTO-KASHINI 

☎️+243832393795

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