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Rédaction Indépendant

RENTRÉE SCOLAIRE EN ITURI

RENTRÉE SCOLAIRE 2026-2027 EN ITURI

En Ituri, l’école reprend sous la menace d’Ébola et des violences armées

À Bunia, la rentrée scolaire est effective mais contrastée. Dans les zones touchées par la Maladie à Virus Ébola (MVE), l’inquiétude des parents et l’insuffisance des dispositifs sanitaires freinent fortement la reprise des cours. À Mambasa, l’insécurité vient davantage assombrir le tableau.

La rentrée scolaire 2026-2027 a bel et bien sonné en Ituri, mais elle est loin d’avoir retrouvé son rythme habituel. Entre la psychose liée à la Maladie à Virus Ébola (MVE), le déficit de mesures préventives dans plusieurs établissements et l’insécurité persistante dans certains territoires, la reprise des cours s’effectue à plusieurs vitesses.

À Bunia, les établissements scolaires ont ouvert leurs portes ce mardi 1er septembre. La participation globale des élèves est estimée à environ 70 %, selon les observations rapportées sur le terrain. Mais derrière ce taux se cache une réalité beaucoup plus contrastée : certaines salles de classe sont restées presque vides.

À l’école CS Nelson Mandela, par exemple, la classe de 3e Commerciale n’a enregistré que trois élèves présents pour cette première journée. Une faible fréquentation qui traduit notamment la réticence de certains parents à envoyer leurs enfants à l’école dans ce contexte marqué par la crainte de la maladie.

À l’épicentre d’Ébola, des classes presque désertes

La situation est encore plus préoccupante dans la zone de santé de Mongbwalu, située dans la sous-division éducationnelle de Nizi, considérée comme l’un des épicentres de l’épidémie d’Ébola.

Dans plusieurs établissements, les enseignants étaient au rendez-vous, mais les élèves se sont fait largement attendre. À l’Institut Adibishwa, qui compte habituellement plus de 900 élèves, seuls quatre élèves ont franchi le portail scolaire lors de cette première journée.

Un contraste saisissant qui illustre l’ampleur de la psychose dans les communautés : les enseignants reprennent le chemin de l’école, mais les parents hésitent encore à y envoyer leurs enfants.

Mambasa : l’insécurité, autre obstacle à la reprise

À cette menace sanitaire s’ajoute le poids de l’insécurité.

Dans le territoire de Mambasa, sur les 151 écoles recensées, seules 19, soit environ 12 %, ont ouvert leurs portes le premier jour de la rentrée. Et même dans ces établissements, la fréquentation est demeurée très timide.

Cette situation est notamment attribuée à l’activisme des ADF-NALU et d’autres groupes armés. Selon les observations rapportées, près de 50 personnes auraient été tuées en l’espace de trois mois, entraînant d’importants déplacements de populations vers le centre de Mambasa.

Pour de nombreuses familles, la priorité reste ainsi la survie et la sécurité, avant même le retour des enfants sur les bancs de l’école.

Des écoles encore insuffisamment préparées face à Ébola

Autre inquiétude soulevée sur le terrain : l’insuffisance, voire l’absence, de certains dispositifs de prévention contre la MVE dans plusieurs établissements scolaires.

L’Intersyndicale des syndicats de l’éducation de l’Ituri 1 dénonce une situation préoccupante et estime que les engagements pris par les autorités doivent désormais se traduire par des actions concrètes.

Les équipements et mesures sanitaires annoncés après les alertes des syndicats seraient encore insuffisants dans plusieurs écoles des zones affectées. Une situation qui alimente davantage la peur des parents et pourrait compromettre durablement la fréquentation scolaire.

Un plaidoyer pour sauver l’année scolaire

Face à cette situation, les acteurs de l’éducation appellent à une réponse urgente et coordonnée des autorités.

Pour Gabriel Kingombe Buga, directeur général de l’ONG APROHDIV et coordonnateur provincial de la CONEPT-Ituri, la situation nécessite un plaidoyer renforcé ainsi qu’un suivi rapproché afin de permettre des interventions adaptées dans les zones les plus affectées.

L’enjeu dépasse désormais la seule question de l’ouverture administrative des écoles. Il s’agit de garantir aux enfants un environnement suffisamment sûr pour apprendre, tout en rassurant les familles et en protégeant le personnel éducatif.

Une rentrée ouverte sur le papier, mais encore fermée pour des milliers d’enfants

En Ituri, le 1er septembre n’a donc pas marqué partout un véritable retour à l’école. Dans certaines salles, les élèves sont présents ; dans d’autres, les bancs restent désespérément vides.

Entre Ébola qui fait peur, l’insécurité qui déplace les familles et des dispositifs de prévention jugés insuffisants, le défi est immense.

Car une école qui ouvre ses portes sans pouvoir accueillir ses élèves n’est qu’une rentrée à moitié réussie. En Ituri, l’urgence est désormais de transformer les promesses en protections concrètes, pour que la peur et les armes ne deviennent pas les nouveaux professeurs de toute une génération.

Fleurisse Katamba Booto-Kashini

☎️+243832393795

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