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Bandundu : Tshisekedi fustige les crises institutionnelles et appelle à une décentralisation apaisée

Après de multiples reports, la treizième Conférence des gouverneurs s'est enfin ouverte, mercredi après-midi, dans la ville de Bandundu. Placée sous le signe de la stabilité institutionnelle, cette rencontre a été marquée par un discours ferme du chef de l'État, Félix Tshisekedi, en présence de la Première ministre, Judith Suminwa.

Devant les représentants des exécutifs provinciaux et des assemblées provinciales, le président de la République a vivement déploré les crises à répétition qui, selon lui, hypothèquent le développement local.

L'instabilité politique, frein au développement

« Aucune politique agricole sérieuse ne peut prospérer dans un environnement marqué par des crises répétées entre gouvernements provinciaux et assemblées provinciales », a-t-il martelé, soulignant que l'incertitude politique chronique décourage investisseurs et partenaires au développement.

Félix Tshisekedi a également pointé du doigt les conséquences de l'instabilité sur le monde rural. « Aucun développement rural durable ne peut naître dans un climat d'affrontement permanent, l'instabilité des équipes, la confusion des responsabilités ou la politisation excessive des mécanismes de contrôle », a-t-il ajouté, appelant à une rupture avec les logiques de confrontation qui paralysent l'action publique locale.

La décentralisation détournée de son objectif

Pour le chef de l'État, ces dérives détournent la décentralisation de son objectif fondamental. « Elle n'a jamais eu pour vocation de faire des provinces des foyers de tension permanente. Elle a été voulue pour rapprocher l'État du citoyen, pour adapter l'action publique aux réalités locales », a-t-il insisté, rappelant que la réforme territoriale, inscrite dans la Constitution, doit avant tout servir les dynamiques de développement et améliorer les conditions de vie des populations.

Le président a souligné que la décentralisation, pierre angulaire de l'organisation territoriale de la République, ne saurait être instrumentalisée à des fins politiques au détriment de l'intérêt général.

Un appel à la responsabilité des assemblées provinciales

Dans un contexte marqué par des tensions récurrentes entre exécutifs et législatifs provinciaux, notamment au Kongo Central où plusieurs crises ont émaillé la gestion des affaires publiques, le président a lancé un appel solennel à la responsabilité. Il a notamment mis en garde contre les dérives du contrôle parlementaire, outil essentiel de la démocratie mais qui peut être détourné.

« Le contrôle parlementaire est légitime et sain, mais il ne peut devenir un instrument de chantage politique ni d'instabilité chronique. Il ne doit pas servir des intérêts particuliers ou des agendas personnels », a-t-il prévenu, appelant les élus provinciaux à exercer leurs prérogatives avec rigueur et dans le respect des institutions.

Des attentes fortes après cette conférence

L'objectif affiché par le chef de l'État est clair : restaurer la stabilité institutionnelle pour libérer les énergies au service du développement agricole et rural, secteurs prioritaires de son mandat. Les participants à cette conférence, coprésidée par la Première ministre, attendent désormais que les résolutions qui en seront issues traduisent ces injonctions en actes concrets.

L'issue de ces assises est suivie avec attention par les observateurs, alors que plusieurs provinces peinent à sortir de l'engrenage des blocages politiques qui handicapent la mise en œuvre des politiques publiques locales et la bonne gouvernance.

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